5 oct. 2026Télémédecine

Eczéma chronique des mains : le numérique facilite la prise en charge

L’eczéma chronique des mains et des pieds affecte la vie quotidienne, la vie professionnelle, sans parler du psychisme. Les solutions numériques actuelles permettent des approches à même d’apporter un soulagement. Une nouvelle étude montre ainsi que la combinaison d’une formation et d’une application à un effet bénéfique sur les symptômes et facilite la gestion de la maladie.

Eczéma des mains
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Avec une prévalence à vie de 17 %, l’eczéma des mains est une affection cutanée très fréquente. Il touche en particulier les travailleurs manuels ou régulièrement exposées à des substances potentiellement irritantes.

L’eczéma aigu se manifeste par des vésicules, des papules et des œdèmes, tandis que le stade chronique se caractérise par des croûtes, des rhagades et une lichénification. Le prurit ainsi que les douleurs à type de brûlure et persistantes compliquent souvent les activités nécessitant une motricité fine, ce qui peut à son tour entraîner des restrictions sur le plan professionnel. Les symptômes peuvent également perturber considérablement le sommeil et la qualité de vie. Il s’y ajoute des répercussions socio-médicales majeures, nombre de ces personnes étant en incapacité de travail à long terme ou évitant les contacts sociaux et les activités publiques par gêne.

Une possibilité de tchater avec le dermatologue

Les patients manquent souvent le moment opportun pour obtenir une aide médicale. En effet, la maladie évoluant par poussées, cela peut compliquer l’obtention d’un rendez-vous médical en temps utile. Il y a donc un besoin important d’alternatives d’accès facile, telles que les offres de soins numériques. Le Dr Aimée Bruch, hôpital universitaire de Mannheim, et ses collègues ont par conséquent développé une application de suivi spécifique pour proposer un soutien continu aux patients. Ceux-ci peuvent ainsi photographier régulièrement leur état cutané et recevoir des conseils par télémédecine. Dans le cadre d’une étude interventionnelle de 60 semaines, les chercheurs ont évalué l’efficacité à long terme de cette solution.

Au total, 87 patients ont participé à cette étude randomisée, 43 dans le groupe d’intervention et 44 dans le groupe témoin. Les participants du groupe d’intervention ont d’abord suivi un programme de formation spécifique, puis ont eu un droit d’accès à l’application faisant l’objet de l’étude. Des consultations en présentiel ont eu lieu aux semaines 0, 12, 24, 36 et 60.

Un suivi numérique associé à une formation

L’application permettait aux participants de télécharger des photos de leurs mains et de leurs pieds et de répondre à des questions sur l’intensité de la douleur, le prurit, leur humeur et leur qualité de vie. Une fonction de tchat était également à leur disposition pour contacter leur dermatologue. Le groupe témoin n’a reçu aucune formation, mais s’est seulement rendu à des consultations en présentiel dans le cadre de l’étude.

L’objectif de l’étude était d’évaluer l’effet de l’application et du programme de formation préalable sur l’évolution de la maladie et la qualité de vie. Les principales limites étaient le taux d’abandon élevé du groupe d’intervention et le fait que les effets du programme de formation et de l’application ne pouvaient pas être saisies séparément.

Des bénéfices visibles dès la semaine 36

À 60 semaines, le résultat était sans équivoque. Les participants des deux groupes ont rapporté une baisse de la fréquence des douleurs, trouvaient que leur eczéma était moins invalidant pour leur vie quotidienne et déclaraient être de meilleure humeur. L’indice de sévérité de l’eczéma des mains (Hand Eczema Severity Index, HECSI) a baissé significativement chez tous les participants, mais de façon plus marquée dans le groupe d’intervention. La qualité de vie – évaluée par le Dermatology Life Quality Index, DLQI) – s’est également améliorée significativement, les patients du groupe utilisant l’application ayant obtenu des scores nettement meilleurs, en particulier à partir de la semaine 36.

L’analyse de sous-groupes a montré qu’une utilisation de l’application moins de 20 % du temps suffisait pour qu’ils aient un amélioration significative des douleurs, du score HECSI et de l’indice DLQI, alors qu’une utilisation fréquente n’a pas eu d’effets significatifs. Une explication serait que ces personnes veulent éviter que leur maladie leur soit trop souvent rappelée. Les femmes d’un certain âge ont utilisé l’application de manière particulièrement fréquente. L’étroite concordance entre les données de l’application et les consultations en présentiel était également positive. Ainsi, le HECSI calculé par l’application correspondait étroitement aux valeurs relevées lors des consultations en présentiel, même lorsque la qualité de l’image était sous-optimale.