8 oct. 2026La vaccination protège également contre les événements cardiovasculaires

Effets délétères de la grippe sur le système cardiovasculaire

Chez les patients âgés, fragiles ou ayant des antécédents cardiovasculaires, il n’est pas rare qu’une infection grippale nécessite une hospitalisation ou peut même provoquer le décès. Une étude récapitule les données actuelles concernant l’implication cardiovasculaire et le rôle de la vaccination.

Ventilator monitor ,given oxygen by intubation tube to patient, setting in ICU/Emergency room
Taechit/AdobeStock

Les pics saisonniers sont systématiquement associés à une augmentation des hospitalisations et de la mortalité. C'est ce qu'écrivent le Dr Massimo Volpe, université Sapienza, Rome, et son équipe d’auteurs. Parallèlement, des études épidémiologiques montrent des pics d'événement coronariens aigus pendant ou juste après la saison grippale. Cela concerne notamment les syndromes coronariens aigus et les épisodes d'insuffisance cardiaque.

Des études randomisées et des méta-analyses montrent systématiquement que la vaccination anti grippale peut réduire considérablement ce risque. Elle est ainsi associée à une réduction de 25 à 37 % des événements cardiovasculaires majeurs (MACE) et de la mortalité. Ces effets sont comparables à ceux des traitements cardioprotecteurs établis. En Suisse également, selon l’Office fédéral de la santé publique, chaque saison grippale entraîne plusieurs milliers d’hospitalisations et plusieurs centaines de décès. Les personnes âgées et les patients atteints de maladies respiratoires ou cardiovasculaires préexistantes sont particulièrement touchés.

Les preuves sont les plus solides pour les patients atteints de maladies coronariennes, de syndrome coronarien aigu, de diabète ou âgés de 65ans ou plus. En ce qui concerne l’insuffisance cardiaque, les données font manquent à ce jour de cohérence. Les vaccins renforcés, tels que les formulations adjuvantes à forte dose, semblent également être beaucoup plus efficaces que les vaccins standard dans cette population. En Suisse, le vaccin à forte dose est recommandé depuis 2024 pour les personnes de 75ans ou plus et pour les personnes de 65 ans ou plus ayant un facteur de risque supplémentaire.

Vaccination:preuves solides, faible acceptation

Malgré la qualité des preuves et la disponibilité du vaccin, les auteurs considèrent la couverture vaccinale des patients atteints de maladies cardiovasculaires comme sous-optimale. Une analyse suisse menée sur trois saisons grippales entre 2015 et 2018 a évalué la vaccination chez les patients atteints de maladies chroniques. Chez les personnes ayant des antécédents cardiovasculaires, le taux de vaccination antigrippale était systématiquement inférieur à 30%. Qui plus est, chez les diabétiques, il était à peine au-dessus de 20 %.

Les auteurs attribuent ce besoin non couvert à un manque de sensibilisation au problème. Ils pointent aussi la faible implication des cardiologues dans l'information systématique sur la vaccination. Ils recommandent de proposer la vaccination antigrippale dans les cabinets de cardiologie en mettant davantage l’accent sur les patients atteints de maladies cardiovasculaires.

Les examens cardiologiques de routine et les sorties d’hôpital constituent des occasions qu’il faut saisir. En outre, des stratégies de communication ciblées devront être développées pour augmenter la disposition à se faire vacciner chez les patients concernés.

Différents mécanismes en cause

La grippe sollicite le système cardiovasculaire par plusieurs mécanismes. La réaction inflammatoire systémique déclenchée par les virus respiratoires peut entraîner des syndromes coronariens aigus, notamment des STEMI et des NSTEMI. Elle favorise la déstabilisation et la rupture des plaques d’athérome, par exemple par l’accumulation et l’activation de macrophages.

De plus, les virus respiratoires favorisent un état prothrombotique susceptible d’entraîner des thromboses coronariennes et donc des infarctus du myocarde de type 1. Pendant la phase active de la maladie, l'augmentation des besoins en oxygène des cardiomyocytes et l'activation accrue du système sympathique peuvent également provoquer des lésions myocyrdiques. Celles-ci peuvent aller jusqu'à la nécrose et sont caractéristiques de l'infarctus du myocarde de type 2.

Les myocardites, les arythmies et l’insuffisance cardiaque pourraient être liées aux effets directs de la grippe sur le tissu myocardique. Des nécroses focales peuvent notamment entraîner la formation de cicatrices fibrotiques et une dysfonction ventriculaire.