Asthme et apnée du sommeil : penser au syndrome de chevauchement alternatif
Le syndrome de chevauchement alternatif est souvent sous-estimé. Or, la coexistence d’un asthme bronchique et d’une apnée obstructive du sommeil aggrave à la fois la situation pulmonaire et cardiovasculaire des personnes concernées. Un diagnostic et un traitement précoces peuvent éventuellement y remédier.

Il y a un lien étroit entre l’asthme bronchique et l’apnée obstructive du sommeil (AOS). Selon une méta-analyse, un diagnostic d’AOS est également posé chez près de 50 % des asthmatiques. Il en résulte un risque 2,6 fois plus élevé que dans la population normale.
Pour les patients atteints d’asthme sévère ou difficile à contrôler, le risque de développer un SAOS est même 4,4 fois plus élevé. À l’inverse, environ 35 % des personnes atteintes d’apnée du sommeil sont diagnostiquées comme asthmatiques. C'est ce qu'expliquent le Dr Antonio Fabozzi, hôpital Policlinico UmbertoI, université La Sapienza, Rome, et ses collègues.
Ces deux pathologies ont en commun des facteurs de risque tels que l’obésité, le reflux gastro-œsophagien (RGO) et la rhinite chronique. Le processus inflammatoire et les interactions mécaniques entre les voies respiratoires supérieures et inférieures se recoupent également en partie. Le groupe d’auteurs part donc du principe qu’il n’y a pas seulement une coexistence de l’asthme et de l’apnée obstructive du sommeil, mais un syndrome de chevauchement alternatif (SCa). Alternatif, car le terme « syndrome de chevauchement » est déjà défini par la combinaison de BPCO et d’AOS.
Fabozzi A et al. Asthma-OSA overlap syndrome: A distinct endophenotype? Respir Med. 2025 Nov;248:108344. doi: 10.1016/j.rmed.2025.108344.