Photon-counting CT : mieux voir les plaques coronaires
Transformer les photons X en lumière, puis en signaux électriques : c’est ainsi que fonctionnent les CT classiques. Un nouveau modèle comptant les photons évite ce détour et fournit des images beaucoup plus détaillées du cœur. Entretien avec le Pr Axel Schmermund, cardiologue à Francfort, sur les possibilités d’application.

?Comment fonctionne exactement la nouvelle tomographie par comptage de photons (PCCT) ?
Pr Schmermund : Avec les appareils de tomodensitométrie classiques, les photons individuels, c’est-à-dire, pour simplifier, les particules de rayons X, doivent être convertis en complexes lumineux afin que nous puissions les analyser. La nouvelle PCCT convertit chaque photon individuel directement en informations d’image. Nous obtenons ainsi un gain d’informations environ 30 fois supérieur à celui des modèles précédents.
?Et quels sont les avantages techniques de la PCCT ?
Les avantages décisifs sont une résolution nettement meilleure (épaisseur de couche de 0,6 mm jusqu’à présent, 0,2 mm désormais) et une exposition aux rayonnements réduite. Selon le protocole, l’exposition aux rayonnements est réduite de 25 à 50 % par rapport à avant.
?Qu’est-ce que cela signifie pour la pratique clinique ?
Nous voyons toutes les structures beaucoup plus nettement. C’est comme si l’on mettait des lunettes. Nous considérons que le plus grand avantage est la possibilité de quantifier précisément les plaques, en particulier les plus dangereuses qui ne sont pas calcifiées. Et les plaques peuvent désormais être délimitées vers l’extérieur, c’est-à-dire vers l’adventice, et non plus uniquement vers la lumière. Une IA calcule les éventuelles parties calcifiées qui entraînent un excès de rayonnement.
?Quelle est selon vous l’importance du PCCT dans le dépistage des maladies coronariennes ?
À mon avis, nous disposons ainsi d’une très bonne option pour dépister toutes les personnes présentant un risque cardiovasculaire élevé. L’appareil nous donne une longueur d’avance pour commencer plus tôt les mesures préventives – ou pour ne pas les commencer. Si nous ne voyons aucun dépôt, nous n’avons pas besoin de prescrire de statines. Le scan peut également être utile pour le suivi, par exemple dans le cadre d’un traitement aux statines. En revanche, je ne pense pas qu’un dépistage non ciblé soit judicieux.
?Sur quels critères sélectionnez-vous les patients à risque ?
C’est en effet un sujet difficile. Il existe certes de nombreux algorithmes, mais la classification ne fonctionne pas vraiment bien. Selon le G-BA, un scanner est indiqué lorsque la probabilité pré-test est supérieure à 15 %. Cependant, selon les scores courants, cela exclurait par exemple de nombreuses femmes de moins de 60 ans. Et pratiquement personne n’est totalement exempt de facteurs de risque. Sans imagerie, nous ne pouvons pas avancer. En fin de compte, nous prenons généralement une décision au cas par cas. De plus, de nombreuses personnes sont prêtes à payer elles-mêmes les frais d’un scanner cardiaque, quelle que soit la technique utilisée, qui s’élèvent à environ 800 euros, afin de connaître leur risque.
?Pensez-vous que la PCCT va se généraliser et permettre de réduire le nombre d’examens par cathéter ?
Je suis fermement convaincu que c’est la technologie de l’avenir. Elle permettra certainement d’éviter certains cathétérismes cardiaques inutiles, mais leur nombre total ne diminuera probablement pas, car les examens PCCT plus fréquents nous permettent naturellement de détecter davantage de cas nécessitant un traitement.