Cannabis médical dans les maladies rhumatismales
Pour certains, les cannabinoïdes sont de véritables multitalents au potentiel thérapeutique, pour d’autres, le cannabis est et reste une drogue psychotrope. Le congrès de l’EULAR a été le théâtre d’un débat animé sur ce sujet, avec des arguments pour et contre.

« Cannabinoids are good for parties, not for patients ». Avec cette formulation pour le moins provocatrice, le Pr Nebosja Nick Knezevic, université de l’Illinois, Chicago, n’était pas le seul dans la salle à le penser. Selon un vote de l’auditoire, seuls 35 % de l’assistance recommanderaient à leurs patients atteints d’une maladie rhumatismale de suivre un traitement à base de cannabinoïdes. Près de 67 % se sont prononcés en faveur de la légalisation du cannabis sous certaines conditions, tandis que 33 % s’y sont opposés. Le Pr Knezevic, expert de renom en algologie, a exposé dans un véritable plaidoyer les raisons qui, selon lui, s’opposent à l’utilisation médicale des cannabinoïdes.
Il a tout d’abord souligné le manque d’efficacité des cannabinoïdes. Ceux-ci pourraient certes rendre « heureux », mais seraient sans effet sur la douleur, la productivité ou d’autres paramètres mesurables. Dans une méta-analyse d’essais contrôlés randomisés (ECR) sur un total de 1460 patients oncologiques, l’ajout de cannabinoïdes aux opioïdes a été sans bénéfice en termes de douleur, mais a par contre considérablement renforcé le fardeau des effets secondaires. En outre, la prise chronique de cannabis est associée à une augmentation de l’intensité de la douleur et à une sensibilité accrue à la douleur, qualifiée d’hyperalgésie induite par le cannabis. La perception de la douleur est probablement exacerbée par le fait que le cannabis, tout comme la douleur chronique, influence le système limbique.