Les anticorps anti-PTX3, nouveau biomarqueur de l’EGPA ?
De nombreux patients atteints de granulomatose éosinophile avec polyangéite (EGPA) ont un asthme éosinophile sévère et de polypes nasals. Ces symptômes peuvent entraîner des diagnostics tardifs et erronés. Dans ce contexte d’EGPA, les auto-anticorps circulants contre la pentraxine-3 (PTX3) sont très fréquents.

Une étude monocentrique a inclus 243 patients non sélectionnés. Selon les critères de classification correspondants, ils souffraient d’EGPA (n = 120), d’asthme éosinophile sévère (n = 60) ou de rhinosinusite chronique avec polypes nasalsux (CRSwNP, n = 63). Parmi les patients atteints d’EGPA, âgés en moyenne de 61 ans, 36,7 % étaient ANCA-positifs avec une spécificité pour l’anti-MPO.
Distinguer les diagnostics différentiels fréquents
Chez tous les participants, les taux sériques d’anti-PTX3 ont été déterminés par un test immunoenzymatique standardisé développé par l’institut. Sur les 120 patients atteints d’EGPA, 42 présentaient des anticorps anti-PTX3 dans le sérum, contre un seul sur les 59 asthmatiques (un abandon) et trois sur les 63 patients atteints de CRSwNP. La prévalence des anticorps anti-PTX3 était donc significativement plus élevée dans le groupe EGPA que chez les patients asthmatiques ou atteints de CRSwNP (35 % vs 1,7 % et 35 % vs 4,8 %). Il n’y avait aucun lien entre les caractéristiques cliniques au moment du diagnostic et les anticorps, ni avec le statut ANCA.
Dans cette étude, les auto-anticorps anti-PTX3 ont permis de bien distinguer l’EGPA de ses diagnostics différentiels fréquents. L’auto-anticorps pourrait donc devenir un nouveau biomarqueur de l’EGPA, ce qui permettrait un diagnostic et un traitement précoces, conclut l’équipe.
Fiorin E et al. OP0172 IGG ANTI-PENTRAXIN 3 AUTOANTIBODIES: A NOVEL DIAGNOSTIC TOOL FOR DIFFERENTIATING EGPA FROM EOSINOPHILIC ASTHMA AND CRSWNP. EULAR 2025; OP0172