23 mars 2026Syndrome des ovaires polykystiques

SOPK : Au-delà des troubles du cycle

Les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques ont dès leur plus jeune âge un risque nettement accru de diabète, d’hypertension artérielle, de troubles du métabolisme lipidique et d’autres maladies associées. C’est la raison pour laquelle un dépistage cardiométabolique est recommandé.

Blutdruckmessung im Rahmen des kardiometabolischen Screenings bei Risikopatientinnen
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Une femme sur huit en âge de procréer est atteinte du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Il ne s’agit pas seulement de troubles du cycle, de fertilité réduite et de perte de cheveux androgénétique. Il s’agit aussi de complications cardiométaboliques sévères, selon le Dr Young-Hee Lee-Barkey, université de la Ruhr, Bochum, et ses collègues. Après exclusion des diagnostics différentiels, le diagnostic de syndrome des ovaires polykystiques peut être posé si au moins deux des trois critères suivants sont remplis :  

  • excès d’androgènes
  • dysfonctionnement ovulatoire
  • ovaires polykystiques.

Interroger sur le cycle et la pilosité corporelle

Pour un premier dépistage du SOPK, les collègues recommandent les questions suivantes :

  • Votre cycle menstruel a-t-il été irrégulier au moins deux fois ?
  • Êtes-vous gênée par une pilosité corporelle excessive ?

Si la patiente répond par l’affirmative à ces deux questions, les critères diagnostiques susmentionnés doivent être vérifiés (cliniquement, en laboratoire, par échographie). La détermination de la TSH, de la prolactine, de la 17-hydroxyprogestérone et de l’hormone folliculo-stimulante (FSH) est recommandée pour un diagnostic différentiel minimal.

Cette maladie souvent sous-estimée présente de multiples facettes et s’accompagne souvent de troubles associés et consécutifs (voir tableau). Déjà, les jeunes patientes ont davantage de maladies cardiovasculaires et leur mortalité est accrue (voir encadré). Les auteurs recommandent de procéder à un dépistage systématique des risques et maladies cardiométaboliques suivants chez les patientes concernées :

  • Obésité :  enregistrer le poids et l’IMC (à chaque visite) ;
  • Hypertension :  mesure au moins annuelle de la tension artérielle ;
  • Diabète de type 2 :  test oral de tolérance au glucose (OGTT), détermination de l’HbA1c et de la glycémie à jeun (lors du diagnostic initial, puis tous les 1 à 3 ans) ;
  • Dyslipidémie :  enregistrement du profil lipidique (lors du diagnostic initial et à intervalles réguliers en fonction du risque) ;
  • En cas de désir d’enfant, de grossesse, de diabète de type 2 et de diabète gestationnel, d’hypertension et de prééclampsie, effectuer les examens suivants :  OGTT avant la conception ou au cours du premier trimestre et entre la 24e et la 28e semaine de grossesse, mesure de la tension artérielle avant la conception et à intervalles réguliers en fonction du risque ;
  • Apnées du sommeil :  dépistage par le questionnaire de Berlin et polysomnographie ;
  • MASLD (stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique) :  entre autres, analyses de laboratoire, échographie, histologie si besoin .

Un traitement principalement symptomatique

Afin de réduire le risque d’événements cardiovasculaires tels qu’infarctus, insuffisance cardiaque et accident vasculaire cérébral, les femmes atteintes du SOPK doivent être informées des conséquences potentielles de leur maladie. Elles doivent également bénéficier de conseils sur le mode de vie (activité physique, alimentation, contrôle du poids, sevrage tabagique si besoin). Les facteurs de risque tels que l’hypertension artérielle, les troubles du métabolisme lipidique, le diabète et l’obésité seront quant à eux traités par des médicaments.

Le traitement du syndrome des ovaires polykystiques est principalement symptomatique, les médicaments sont prescrits hors AMM. Les médicaments de premier choix sont les contraceptifs oraux combinés et la metformine. Les agonistes des récepteurs du GLP1 et les inhibiteurs du SGLT2 semblent avoir un effet bénéfique sur les symptômes du SOPK et le métabolisme. Cependant, les données disponibles sont encore très limitées.

Il est important d’assurer une prise en charge interdisciplinaire. Selon les cas, des spécialistes en médecine générale, gynécologie, dermatologie, endocrinologie, cardiologie et psychologie doivent coopérer.